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Au coeur du village des pêcheurs de Pointe-Noire

  • Photo du rédacteur: Lys Makima
    Lys Makima
  • 21 janv.
  • 3 min de lecture

Un paysage authentique, des scènes captivantes ; nous voici au cœur du village des pêcheurs à Pointe Noire. Ici, les pirogues sont de véritables œuvres d’art. Souvent, elles sont soigneusement creusées dans un seul tronc en bois. " Nos pirogues sont généralement réalisées par les artisans de Loango. C’est au commandant pêcheur d’indiquer ce qu’il souhaite pour la réalisation de sa pirogue. Le prix peut varier entre 4 et 5 millions de francs CFA ". Sédrique, jeune pêcheur d’une générosité touchante, nous raconte.



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"L’heure est un des éléments cruciaux pour une bonne prise. Nous devons commencer à pêcher dès 15H00, ou dès le coucher du soleil, vers 18H00."



La pêche se déroule donc essentiellement durant la nuit, à l’aide de lampes torches.



" Au sein de la pirogue, nous sommes environ 8. Chaque pêcheur est à son poste et jouera un rôle important tout au long de la pêche. Nous commençons par atteindre le large, grâce aux ordres du commandant. C’est à lui de nous y emmener puisqu’ il définira également la zone de pêche."



C’est un long travail, parfois dangereux, qui demande force, courage et détermination. Ainsi, dans la plupart des communautés de pêcheurs en Afrique, les prières, l’invocation des dieux ou des ancêtres est important avant chaque voyage. Tout le matériel nécessaire est préparé en amont. À l’époque et jusqu’à nos jours selon les régions, tous les matériaux étaient conçus grâce aux matières premières locales. Au Congo, les pêcheurs réalisaient leurs filets en raphia, en fibres de palmiers…Maintenant, ce sont des filets en nylon.



"Nous voyageons avec 11 ou 12 filets et mailles."



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Dès le départ, l’organisation à bord commence. "Au bout de la pirogue, se trouve le motoriste. Il veille au bout fonctionnement du moteur. Après avoir sondé la zone, le commandant nous ordonne maintenant de lancer le filet, outil majeur pour notre pêche. Les plombs qui y sont accrochés, permettent de le noyer en profondeur. C’est le plombier qui s’occupe des plombs. Cependant, le filet doit toujours rester en apesanteur afin que les poissons puissent y entrer. Pour cela, c’est le flotteuriste qui veille à la bonne gestion des flotteurs. Une fois que les premiers poissons sont attrapés, le demailleur et le reste des pêcheurs, s’activent pour retirer les poissons de la maille." Après toute une nuit de pêche, c’est à l’aube qu’ils regagneront la rive. "À partir de 06H00, les premières ventes s’effectuent. Tous les jours, les femmes viennent nous acheter du poisson pour les fumer, les sécher et les revendre sur les marchés."


Les techniques de pêche sont diverses au Congo et dans toute l’Afrique noire. "Selon nos types et habitudes de pêches, nous obtenons une énorme variété de poissons ; Makouala, thons, seiches, maquerelles… Une fois séché et salé, le thon devient un met populaire au Congo, que l’on appelle le bwekabueni. Aussi, lorsque nous pratiquons la pêche à l’hameçon, nous obtenons du corbin, de la sole, des crabes, crevettes, langoustes… Nous pratiquons également le « Filet tirer » qui se fait à la surface, pour attraper des sardines."



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Les pêcheurs accordent une grande importance aux saisons, car elles ont une influence sur la qualité des prises et la rentabilité de leur activité. " À partir de la saison sèche, le poisson se fait rare, nous écoulons nos stocks plus rapidement. Nous pouvons conserver nos poissons environ 1 semaine sous de la glace. "


Le métier peut s’avérer éprouvant au quotidien. Chaque jour, ce sont ces hommes, qui bravent l’océan et qui contribuent à l’accroissement d’une économie à grande échelle. "Le plus dur dans ce métier est lorsque nous revenons sans poissons et que nous peinons à rentabiliser nos investissements. Parfois, le filet peut aussi être détruit par un gros poisson… Il faut le recoudre et ça nous fait perdre beaucoup de temps. On peut également rencontrer des soucis de moteur lorsque nous sommes au large… Ce sont nos principales difficultés."



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 Ces pêcheurs, bel exemple de courage et d’humanité, tiennent à respecter certaines valeurs. "Nous partageons des valeurs communes : Esprit d’équipe, solidarité et générosité. Chaque jour, nous partageons la même pirogue !" Ces valeurs sont leur maître-mot, elles représentent leur état d’esprit. La pêche est une activité ancestrale en Afrique Noire et ils ont à cœur de la faire perdurer. "La pêche au Congo est une énorme richesse, elle crée des emplois et offre une diversité culinaire de qualité. Cette richesse, c’est mon père qui me l’a transmise …"


 
 
 

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